Oh oui, j'aime ça ! :o)
Ah ah ! C'était mon jour ! C'était évident !
Un relief adapté a mon profil, un matos adapté au relief, un format de course adaptée a mon profil, et un profil adapté a ma paire de lunette. Je me sentais prêt et motivé malgré quelques
grosses interrogations sur ma forme quelques jours avant, les séances effectuées a vélo et les sensations qui les accompagnaient ne pouvaient pas me trahir.
Alors, oui, certes, le plateau était légèrement très relevé par rapport aux années précédentes, voir carrément épicé, mais nonobstant ce petit embarras quant a ma volonté de bien figurer,
j'étais décidé, sans être présomptueux car mine de rien y'avait du popol.
Alors, je me disais que si je faisais la course de ma vie, a savoir une meilleure nata que l'an dernier, un bon vélo et une course a pied comme je n'en ai jamais fait (bon c'est sûr en 3
semaines, on ne devient pas un Kenyan, mais si on part perdant, hein !), je pouvais peut être accroché une place dans les 15 car vu le plateau et la densité de cochon qu'il y a,
faire le résultat de l'an dernier n'est pas loin de l'utopie.
On ne peut pas dire que j'ai préparé spécifiquement la course, j'ai plutôt tenté de surfer sur la préparation Rothienne. Mis a part les quelques jours précédents la course qui étaient vraiment
inquiétants et vraisemblablement du a mon traitement pour ma pubalgie, les sensations étaient bonnes. (Toujours positiver).
Je me présente a la base remonté... au niveau de l'entrejambe par mon caleçon un peut trop serré.
Muni de ma weaponnery, je compte bien me faire saigner l'aorte pour ma dernière course de la saison et la dernière avec mes problèmes de bassin (cochon qui s'en dédit !)
Le soleil, disparu depuis plusieurs jours, a refait son apparition, comme un symbole a mon futur résultat (gnark, gnark !).

(Une partie de la green team)
L'heure est venue de se rapprocher du lac. Celui là même qui a vu mes plus grande heures natatoires en 2004 et 2005.
Je me place sur la ligne, bien décidé a être en première ligne et extrèmement vigilant au signal du départ, chose que j'avais complétement raté l'an dernier. Mais forcément, demander a des
triathlètes de se mettre derrière une ligne imaginaire est bien difficile. Tout le monde sait que les triathlètes ont une imagination debordante dans certains cas.
Je me retrouve donc derrière Hogie et Sevennec.
Le départ est donné !

A BLOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOCCCCCCCCCCCCC !!!!! MOTHER FUCKERRRRRRRRRRRRRRRR DIIIIIIIEEEEEEEEEE !!!!!!!
Le boulet, je ne peut pas mettre la tête dans l'eau, j'ai les pieds de Sevenec sous moi. Je fais les 20 premiers mètres en polo avant de pouvoir enfin m'allonger.
Y'a un bordel.... La dose de monde. Il est loin le temps où je sortais facile du peloton. Les reflets du soleil sur l'eau et l'écume m'empêche de me repérer. Je ne sais pas si je suis bien ou
pas. En tout cas, je suis taquet, ça j'ai bien senti. La densité se réduit un peu. Y'a pas mal de monde devant, mais je ne suis pas trop décroché. Je reconnais Rousseau a côté, c'est bon signe
ça ! Ah oui, mais non. En fait, c'est "je reconnais Rousseau qui passe a côté de moi", c'est moins bon signe. Impossible de suivre son allure. Il rejoint le groupe devant qui s'éloigne.
C'est mort. Encore :o(
Je me retrouve avec les recallés. Alors, qui c'est t'y qu'il y a là..? Je reconnais Sevennec, Leboucher et
Bastie. Bon, ça pourrait être pire. Passage a la
première bouée, ça bouscule, gros coup de coude de Tom dans sous la machoire, mes dents claquent. Même pas mal. J'ai juste perdu un ptit bout de canine :o/
Je reste dans les pieds de je ne sais qui, a côté du
Butcher. Je commence a récupérer de la "fulguro attaque" que j'ai envoyé au départ et qui n'a
pas servi a grand chose. On passe la deuxième bouée. "Tiens, c'est quoi ce tiraillement derrière la cuisse ?" On approche de la sortie a l'australienne, mes mollets se durcicent. "Euh...
C'est quoi, ce, bordel !"
Sortie de l'eau, ce que je redoutais arrive. "Sclak ! Schlak ! Schlak !" "Hannnn, mais ça fait mal !"
Les 2 mollets et l'ischio droit ont décidé de se raccourcir tout seuls ! Saloperie d'anarchisme ! Je cours en position semi assise.
Replonge dans l'eau, légèrement détaché de Tom Et C.B. "Hannnn ça craint sévère !"
Je nage les pieds flex pour m'étirer ou en tout cas, pour ne pas que les mollets se contractent tout seul. (Vous avez déjà essayé de nager les pieds flex ? En compète c'est chaud !) Je
récupère les pieds de quelqu'un, on est en ligne. On rejoint la première bouée, ouf, pas de cassure. Au passage de la bouée, le peloton se reforme.
Je sens que ça va très mal se passer. Mes quadri se durcicent a leur tour. C'est sûr, il y a quelque chose qui cloche, c'est la première fois que ça me fait ça. On arrive sur la dernière bouée,
virage et direction la sortie de l'eau.
Pieds au sol. J'ai mal. Je ne peux pas tracer comme je voudrais de peur de me retrouver avec les jambes pliés en 4.
Pendant que j'enlève encore ma combie, j'entends le speaker qui annonce déjà la sortie de l'eau des conccurents qui étaient avec moi dans l'eau. "Hannnnn !"
Je ne sais pas que je sors du parc en 23ème position. Il est loin le temps où je sortais en 2ème position... :o(
Maisétant sorti de l'eau avec Tom et CB, j'ai nagé a mon niveau,c'est un fait. Le niveau est bien plus élevé qu'avant a VdR.
Montage sur le vélo et c'est parti ! Whouuuuuu, très grosses crampes aux couturiers droit et gauche. Très grosses crampes aux TFL droit et gauche. Ca va être que du bonheur !
:oD
Bon, je vais prendre mon mal en patience, ça sert a rien d'insister, on va attendre que ça passe. Je roule quelques centaines de mètres sans trop forcer, puis lorsque ça commence a s'atténuer un
peu, je me dis qu'il est peut être temps de descendre les dents a défaut de les desserrer.
Je récupère assez rapidement 3 concurrents et file vers la première ascension. Je ne sais pas en quelle position je suis, mais c'est sûr, c'est pas bon du tout vu le monde du premier pack et ma
transition a 2 balles. Si je veux m'en tenir a mon objectif du début de course, il faut que je reprenne beaucoup de monde assez rapidement. Un conccurent est devant
moi, c'est Aurélien Lemaistre puis, "la flèche" Mathieu Soloy aka "bobby lapointe" de Dieppe que je remonte. Je suis complétement isolé par rapport aux années précédentes,
que faire pour retrouver du monde ? Bah, continuer !
Première ascension au train.
Je vois au loin quelqu'un, descente a fond les ballons, j'arrive un peu vite sur le nouveau rond point et un petit freinage d'urgence préserve ma face du par terre.
Plus loin, c'est Romain
Pozzo di Borgo que je remonte enfin. Hélas le différentiel d'allure n'est plus assez important pour ne pas qu'il
puisse crocher. Qu'importe, je n'ai pas le choix, il faut continuer. Mes cuisses commencent (déjà) a souffrir, c'est sûr je suis parti vite, voire trop vite. Mais ne vaut il mieux pas mourir debout
couvert de sang que couché couvert de pisse ? (Rhoo, j'adore les expressions comme ça, ça tue).
Déjà la fin du premier tour, on embraye sur le 2ème et je reprends Rousseau. Ca pourrait être bien, mais l'an dernier, je l'avais repris bien avant la première ascension. Pas bon signe. Plus
loin, encore moins bon signe. C'est Rémi Nowaczyk qui me reprend, bon c'est pas super étonnant non plus, c'est un costaud a vélo, mais l'an dernier, il ne m'avais pas repris du tout, il m'est
donc légitime de me dire : "hannnnn, merde !".
Sous l'impulsion de Rémi qui a relancé l'allure, Pozzo di Borgo craque. moi je fais ce que je peux pour ne pas en faire autant. Ca va assez vite et mes cuissoux morflent sévère.
Deuxième ascension, on a repris Hogie qui s'accroche. Rémi et moi conversons sur les éventuels bénéfices des plateaux rotors. Ca c'est sûr, il est facile.
On arrive sur la fin de la boucle et allons entamer la troisième et dernière. C'est quand même bien plus facile avec quelqu'un qui fait le tempo. (même si on reste éloigné pour ne pas être une
merde de tricheur, of course ;o)
Je réfléchis déjà a la càp. Alimentation, hydratation, muscles en train de mourir, ça va être jouissif.
On m'annonce 14. Whooo, c'est super mal barré.
Ce dernier tour, est moins difficile pour moi, je bénéficie d'un second souffle ou alors l'allure a faiblie. Lors de la dernière ascension, bénéficiant d'un rapport poids/puissance plus
avantageux pour ce type d'effort je prends quelques dizaine de mètres sur Rémi. En bas de la descente, je récupère Sevennec, Rémi est là, ça bourre a nouveau. Durant le petit passage en
ville, je passe Freudenrich.
Bon, bah, il commence a y avoir du gros poisson.
Les dernier kilos, sont là pour me refaire un peu la cerise, relacher mes guiboles, Rémi repasse devant et c'est en 11ème position que je rentre dans le parc.
Constat, les 4 ou 5 km de plus du parcours ne peuvent justifier a eux seuls l'allure plus faible de cette année comparé a l'année précédente. Il y a aussi les crampes, certes, mais bon...
Cela aurait fait bizarre que je réussisse ma transition. Alors a l'instar de la première, je décide de complétement la foirer.
Une fois le vélo posé, quoi de mieux que des crampes aux ischios pour bien vous faire chier a mettre vos pompes ? Quoi de mieux qu'un cerveau en hypoxie pour mettre des manchons a ses
jambes (qui ont des crampes) pour finalement abandonner l'idée de les mettre vu le temps recquis pour les enfiler.
C'est donc avec une motivation égale au glycogène qu'il reste dans mes cuisses que je pars a l'assaut des 2 tours du lac. J'espérais les courir en environ 13.5 km/h car sans entraînement. Et pour
mettre toutes le chances de mon côté, je m'étais même muni des mes shoes ultrlight qui tue sa mère qui vont vite et par acquis de conscience je m'étais également muni d'une montre pour
étalloner mon allure. Arff, les kilomètres ne sont pas précisés.
Alors, on va dire que très très rapidement, on me double. Grosso modo, bah, sitôt le pied sorti du parc. D'abord Boullier, puis Terzi, Freudenrich, et d'autres mecs que je sais pas qui
c'est...
Ouhouh ! Motivation ! Où es tu ? Eh oh ! Fighting spirit où te caches tu ? Ah peut être derrière le fouret là. Non. Alors derrière le virage là bas ? Non plus. On va attendre qu'ils
se montrent alors... En attendant trottinons quelques instant...
La chaleur commence a être bien présente, et pourtant, j'ai du mal a prendre mes gels, allez comprendre. je cours un peu désabusé, sans plaisir, sans ardeur et vidé de toute motivation, si ce n'est
celle de classer l'équipe. C'est bien la seule qu'il me reste. Après les ravitos, je retrouve bien un peu de vigueur le temps de quelques centaines de mètres. Feu de paille. Je tente bien de
m'invectiver, d'y croire, mais le coeur n'y est pas, malgré ma motivation d'avant course.
Au détour du petit appendice, j'aperçois mes poursuivants. Hummm, y'a du monde, ça c'est sûr. Guigui n'est pas loin.
Comme je cours un peu "a la maison", je commence a être reconnu et je suis souvent encouragé, c'est déjà ça. Il y en a la moitié que je ne connais où en tout cas, ne reconnaîs pas.
Quelques encouragements laissent percevoir que ma foulée n'est pas celle de quelqu'un qui joue sa place : "Aller Antoine reprend toi !" La tonalité des dits
encouragements n'est pas celle auxquels je suis habitué. On se rapproche plus de la politesse et du "aller c'est pas grave" que du ''ALLER BOUBOU, DEMONTE LES CES BATARDs !!!!!
ALLLLLLEEEEEEERRRRR!!!!" un tantinet plus revigorant.
Début du second tour, Guigui me passe. Un très léger regain de forme ce fait sentir. Le parcours est plaisant, c'est un fait. Je regarde les gens faire du ski nautique en même temps que je reprends
ceux qui sont sur leur premier tour. Un coucou a quelques coéquipiers. La fin arrive. On me double encore, mais j'ai une excuse se sont de bons coureurs ! Par contre piètres nageurs et
rouleurs. Dommage.
Dernière ligne droite accompagné d'Adrien mon super supporteur du jour, qui laisse sa place a ma cracotte dans les derniers mètres pour passer la ligne ensemble. Cool :o)
21ème. A vrai dire, ce n'est pas tant la place, que l'absence de sensations et l'omniprésence de problèmes musculaires qui me déçoit. Le plaisir s'en sera trouvé absent.
Tant pis, place a la récup, aux soins, pour enfin, me réentraîner correctement en càp et préparer sereinement la saison 2009.
Méga big up a l'orga et aux bénévoles de cette édition ( et des précédentes aussi, allé tiens, c'est jour de fête) qui auront galérer grave pour mettre en place cette épreuve. Mais le résultat
est là, merci.
A+