Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

L'oeuf au riz de la faim

J'avais 2 grosses appréhension pour cet IM et à fortiori pour le marathon. La chaleur, bon de ce côté là, on peut dire que, grosso modo, c'est bien passé. Hein, on peut dire ça, je pense. Et les crampes, car n'ayant pu courir, entre autres, plus long que 45' depuis VdR en septembre 07 et ayant en souvenir justement, la fin de cette course qui avait légèrement été difficile pour mes ponts d'actine-myosine, j'appréhendais énormémént le moment fatidique. Car c'est sûr, il allait venir.

Les premiers hectomètres sont forcément faciles. Du monde, légèrement en descente, encore un peu frais. Malgré tout, ne pas s'emballer. J'ai quelques lignes directrices à laquelles je ne veux déroger pendant tout le marathon :
- Allure : Partir sur les bases de 4h au marathon. Ca pétera quand ça pétera, mais on tente le coup. 
- Technique : Petites foulées rasantes et économiques. Bassin légèrement en antéversion et blocage des épaules pour limiter les mouvements oscillateurs et perturbateurs du à la fatigue et au manque d'entraînement.
- Energétique : Un gel tous les 2 ravitos, coca et eau tous les 2 ravitos en alternance.
- Tactique : Ne jamais marcher ! Trotter au ravito tout au plus, mais mieux vaut "courir" à 6 km/h que marcher à 3.

Bon, le problème c'est que ce sont des règles théoriques et qu'à part me fixer ces règles, je ne me suis pas du tout préparé au marathon et ce, à tout point de vue. Je ne sais même plus en combien de minutes il faut parcouri le kilomètre pour faire 4h au marathon. C'est con quand on veut se fixer une allure.

Bref, je profite que j'ai encore assez de glucides dans le cerveau pour faire le rapide calcul. Donc, 4h pour 40 kilo, ça fait du 6' donc pour 42,2, ça doit être du 5'40. Aller roule !
Premier kilo forcément trop rapide, ça descend. Puis, après ça se régule, on arrive près du canal. Je les tourne pour l'instant un chouilla trop rapide, mais ne vaut il pas mieux en profiter ? J'arrive sur le canal.

Les conditions météo, sont devenues nickelles pour la càp, on aura eu au moins ça. Je pense à ma technique, que j'essaie, aux sensations, de maintenir adéquates. Malgré ça, je me fais déposer de toutes parts. Alors là, pour ça, ça y va. Ca, y a pas de problèmes ! Du petit, du gros, du grand, du vieux, de la bonnefemme, de l'unijambiste. Rhaaaaa, les salauds ! Aucun respect ! Mais je ne suis pas du genre à paniquer pour un rien. Je reste serein, mes temps de passages sont bons, corrects, je suis hyper facile, en total aisance, je teste même le : "je respire juste par le nez" :o)

J'espérais entrapercevoir Mme Bouboute et la cracotte, mais non, pas revues depuis le départ. Je commence à croiser les pros, pas les premiers qui sont déjà passés au croisement. Il y a Chabaud, Vuckovic, Hémet... Du bon et du lourd. (C'est vous qui mettez les noms dans la bonne catégorie  ;o) 

Je suis facile... Puis arrive les 45'. Là, mes jambes, semblent vouloir me dirent : " Dis donc mon cochon, on a pas couru sérieusement depuis, pfffff, on sait même pas, le maxi qu'on ai fait, c'est 45' y a 2 semaines et là, qu'est ce que tu nous fais ? Tu nous prendrais pas pour des jambons ? "

En effet, un bon coup de moins bien dans les cuisses se fait sentir, plus dures, plus lourdes et ressenti pile poile après 45'. Sauf que..., sauf que..., le boss ici, c'est moi et  ici, c'est le boss qui commande ! Reconcentration fatale sur la technique, remotivation, invectivation, contrôle de l'allure, et on garde le cap !!!



Par contre depuis le début, j'ai les cervicales qui sont en feu. Impossible de baisser la tête et de regarder mes pieds. Si je veux voir ma montre, il faut que je lève le bras. La conjugaison de ma position et du froid sur le vélo mon fait perdre un énorme amplitude au niveau des cervicales et je n'arrive pas a me décontracter. A côté de ça, je ne pensais même plus à ma pubalgie, concentré que j'étais sur la course. Non, c'est elle qui se rappelle à moi. Mon adducteur droit, décide de ce contracter tout seul, sans que je ne lui demande rien. Arf, pas bon tout ça. A chaque foulée, une tension. Ca reste supportable, mais peut être inquiétant pour la suite. Il faut ce concentrer sur autre chose. Tant que je n'ai pas un fémur de pété, je continue.

Mais au fait, quand est ce qu'il arrive ce demi tour !?!?!? Je suis toujours dans les temps, mais le fait de faire 1/2 tour peut être un bon moyen pour la tête de se relancer, vu que je ne peux pas trop compter sur ceux que je double, d'ailleurs je ne peux pas les compter, y en a pas  :o(

On s'éloigne du canal par une grosse descente, "Wahoo, ! Va falloir le remonter ça ?" Un peu plus de monde. Comme d'hab, j'essaie de répondre aux spectateurs. Tant pour eux que pour moi, c'est utile. 

Enfin, le 1er demi tour se profile, un coucou au speaker, 2-3 roulades, roues et autres saltos pour faire plaisir au public "Whaouuuu, wanagain !" et me voilà reparti dans l'autre sens.
Mes temps de passage sont moins bons, mais c'est normal et cela reste ok, pas d'inquiétude. Les moins de 4h sont encore jouables, il faut que je garde de l'énergie pour la fin.

Sur le retour, encouragements réciproques avec certains de la green team, je m'encourage, à ne pas me désunir, à rester sur une technique et une allure correcte, j'ai hâte d'arriver au semi. Pour l'instant pas d'alertes crampesques, tous va bien.
Retour dans la ville, sur le bitume. Il y a plus de monde, on tape dans les mains, on passe de l'interiorisation, de l'écoute et du repli sur soi, à une ouverture sur l'extérieur, comme pour puiser dehors quelques éléments motivationnels et se détacher d'une certaine souffrance.

Passage au semi en 1h58'30. C'est bon, ça c'est fait.

Déjà on est reparti de l'autre côté. On passe devant les panneaux d'encouragements décorer par les familles des triathlètes via l'Unicef. Plusieurs dizaines se suivent, chacun cherchant à stimuler son participant. Je cherche celui de Mme Bouboute et de la cracotte. Il sortira du lot, c'est sûr, c'est celui où il y a des nounours  (o;

Dans la forêt, ça rigole moins, ça monte et ça descend. Arfff, ma moyenne va en prendre un coup.
Retour sur la berge du canal. Un peu plus de monde que l'autre côté, on m'encourage par mon prénom, à peine le temps de signer un autographe que déjà, je dois repartir...



On quitte le canal et c'est le bitume. Montagne russes à l'horizon, on m'avait prévenu.
Ne pas se désunir, petites foulées, tenir l'allure. Ca devient dur, Comme à chaque fois, passé les 22/23ème, j'ai un coup de moins bien. Ca fait plus de 2 heures que je coure et je viens seulement de passer la moitié. Y a de quoi démoraliser. D'autant qu'on ne peu plus trop compter sur la fraîcheur physique pour tenir le choc. 

Juqu'au 1/2 tour, RAS, un pas devant l'autre, je n'ai pas l'impression d'être collé, mais c'est pas loin. Mes temps de passage s'aggrandissent.
Rester gainé.
Ca y est on repart dans l'autre sens. A ma montre, je vois que mon allure a pas mal faiblie. Est ce du au dénivellé du parcours ?
Aller, on tiens l'allure !

Arrive le 30ème kilo en haut d'une petite bosse. Je vois (en fait c'est surtout, d'après mes tentatives de calculs, "je crois") que j'accuse un léger retard pour mes 4h. Pas grand chose, 45 secondes à peu près.

Là, concrètement, je ne crois plus trop aux 4h. Plutôt 4h05. Mais je veux malgré tout me conformer à "tenir l'allure tant que tu peux !", je ne veux pas avoir de regrets. Aussi, je profite de la petite descente derrière pour me relancer, agrandir ma foulée et tenter de récupérer un peu du temps perdu.  

Et là, c'est l'engrenage, tout va très vite. Je retrouve un nouveau patern moteur, et je cours avec un certain détachement. Ces sensations déclenchent une montée d'endorphines, et, sans vraiment me le dire, ni m'en rendre compte, je lâche les chevaux. Je garde la même foulée, la même allure sur le plat. Advienne que pourra. J'ai des super sensations. Il reste 12 bornes et "maintenant, ça va chier !"

Une tuerie ces sensations, je rentre dans une espèce d'euphorie où la souffrance n'a pas sa place. Où alors très peu  (o;
Mes 2 quadri sont au supplice, mais c'est un pur bonheur. Je n'arrête pas de me parler et de me motiver.

 Et l'incroyable se produit.
Jamais, sur mes précédents IM, je n'avais doublé quelqu'un qui courrait. Oh, il y en avait bien un qui était à l'arrêt ou qui marchait et que je doublais à l'arrache, mais qui courrait, jamais ! Et là, oui  :oD (Bon, y'en a pas eu des masses, pi c'était pas des Macca non plus, mais quand même).

Je suis dans une tel état de motivation et d'excitation intérieur que je ne contrôle plus mes temps, ça ne sert plus a rien. Quelques rappels sur la volonté de garder une technique correcte, quelques auto exortation a accélerer.
Au passage du 37ème, je sais que je finirais la course à cette allure et que je serais sous les 4h. Rien ne peu plus m'arriver. Je sers les dents, un coucou à Mitch, qui aura fait des bornes mine de rien. 

J'ai l'impression de courir à 15 km/h et de voler. (Mis a part le fait que c'était plus du 13km/h, c'est fort appréciable).



Je n'ai jamais fumé ou consommé quelques produits illicites que ce soit, mais y en a qui devraient se mettre au sport.
Retour dans la forêt, les badauds, ne comprennent que très tardivement en me voyant arriver que je veux garder la corde dans les virages. La fin approche, je suis surexcité par l'idée de franchir la ligne comme ça, les bosses que j'avais du mal à descendre s'avalent sans soucis. Je sors de la forêt, les dents serrées et la rage au ventre. J'arrive en ville, la pluie s'abat sur nous. Encore.
 
A l'approche de l'arrivée, des mains se tendent, des "Antoine" se font entendre, que du bonheur.

Entrée dans l'arène. Je suis à bloc. un arbre dans un pot tente de me ralentir, "no way !" C'est lui qui tangue. Incapable de ralentir et de savourer. Je bouillone intérieurement, ne regarde même pas le chrono, ne jette pas un regard sur les spectateurs. Je suis tout seul dans le stade et j'éxulte de joie et de rage sous le coup de cet intense moment de bonheur.



Passé la ligne, je n'en ai pas fini avec mes émotions. Je suis un peu désorienté et encore sous le coup de l'excitation. Je jette un oeil sur le chrono : 10h30. Moins les 45' du départ ça fait du 9h45 et quelques. Totalement inespéré. Ma montre affiche un 3h50 pour le marathon, de la folie. Et là, je réalise que j'ai fait une Dave ! (o; Oui, un négative split ! Truc de guedin !
Ces 12 derniers kilomètres, justifient à eux seuls, ce pourquoi, je fais du sport, ce pourquoi je m'entraîne depuis des années et tous les sacrifices que j'ai du faire, de quelque nature que ce soi .



Je suis le tapis sans réfléchir, jusqu'à la tente.
Je m'assois sur un banc et relâche le reste de la pression.

Il pleut toujours dehors, je suis gelé et c'est mme Bouboute qui a mes fringues... Tant pis, j'attends (longtemps) que le pluie s'arrête pour ressortir chercher mme bouboute et mes fringues. En attendant, je descend 6 soupes chaudes et 5 thés pour me réchauffer. Et en refroidissant, c'est la décadence totale. J'ai deux barres à mines en guise de jambes, impossible de plier les genoux, mes chevilles ont gonflées et la gauche chope en prime un bel oeuf a l'avant de la malléole. Mes cervicales sont toujours aussi raccourci que la plupart des appendices génitales des participants masculins. Ma ligne d'horizon c'est levée a tel point que je vois le ciel sans lever les yeux  :o)
Je serais bien resté pour attendre les copains, mais là, je peux plus, j'ai trop froid.


Les 2 jours suivants ne seront qu'une longue agonie musculaire que j'essairai d'endiguer avec Barbichette et le Sanglier autour d'une préparation a base de Houblon...



A+

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Du grand Art !
Répondre
A
Toujours aussi FAN !!!
Répondre
Q
Yeahhhhh good job, énorme !
Répondre
B
(o;Merci a tous.
Répondre
C
Boubou, T UN BOSS !!!!!J'chui FANFélicitation,à bientôt
Répondre