Après 9 mois sans porter de dossard et encore plus sans être blessé, j'étais remonté comme un ascenceur ! Dans le mini bus se trouve l'élite de MSA tri (plus Guigui, fab, Léo, Benji et le coach). Nous partîmes donc le 13 juillet en direction de Dun/Auron. Voyage fort agréable s'il en est.
Une arrivée en milieu d'aprés midi nous laisse le temps de prendre nos repères (ou marquer notre territoire, ça dépend des gens). Reco du parcours vélo... Hummmm, ça m'a l'air dangereux me dis-je, la route est forte étroite, le U-turn n'est pas U, mais u. Le passage dans le parc entre les tapis bleus me laisse dubitatif. Ca plus le drafting...
Petite nata sans combi dans l'étang, très bonnes sensations, température nickelle, longue transition, je devrais apprécier cette partie. Petit tour en càp sur le parcours. RAS de bien particulier. Course, manger, briefing du coach et dodo.
La forte chaleur du 13 laisse place à une forte pluie du 14.
C'est donc aux aurores (vers 9h) que je me lève. Je rejoins Fab qui en est à son 3ème petit déj. Croissants, pâte à tartiner, pourquoi se priver vu ce qui va m'arriver ?
Direction le lieu de la course sous un temps menaçant.
Nous rencontrons les Ebroiciens avec qui nous entretenons une saine émulation. Je fais juste comprendre à Boris que je vais lui faire manger sévère (o;
En attendant que la course des filles se déroule nous glandons dans le minibus à l'abri de la pluie.
Mais au bout d'un moment il faut bien y aller. Prépa du matos, enfilage des trifonctions.
Quelques aller-retours sur le vélo et sous la flotte pour être sûr que tout fonctionne puis direction le parc afin que la green team prenne place.
Quelques minutes de trottage pour peaufiner l'échauffement. et enfin direction la ligne de départ.
Là encore une petite mise à l'eau, quelques accèlerations, simulation de départ avec départ depuis la plage, puis c'est le moment de sortir de l'eau.
Un homme de chaque équipe est appelé en premier afin de se placer au avant poste. C'est Benj qui y va, plutôt bon nageur mais assez peu épais pour se friter et se dégager d'un paquet. Une fois que chaque représentant est placé le reste du troupeau peut rentrer sur la plage. Je trace et me en première ligne du combat, côté droit. Première constatation, ils sont tous plus épais que moi.
J'ai tout misé sur le départ. Je compte bien donner tout ce que je peux donner sur le premier 100m et si tout se passe bien, ça se passera bien.
Le départ est donné !
BIG STAAAAAAAAAARRRRRRTTTTT, RHAAAAAAAAAAAAA, MOTHER FUCKERRRRRRRRRRRRRR DIIIIIIIIIIIEEE !!!
Déconnectage de bulbe, tounage de bras, agitement des jambes et démontage d'aorte, Hey ! Faut p'têtre penser a respirer, non ? Au 50m, everything is ok, je suis toujours en première ligne. Puis ça se resserre, je frotte mes frêles petit bras à ceux de mes congénères pour ne pas laisser ma place. Au 100 m je suis cramé, il est temps de trouver des pieds. Le bon coup semble être partie légèrement sur ma gauche. Je suis asphyxié, mais ne craque pas. Première bouée aux 200 m. Vous voyez ce que ça peut faire de passer dans un entonnoir ? Bah c'est pas ça. C'est encore plus serré. Quelques mouvements de brasse, tête hors de l'eau pour éviter les coups. Dès que je suis passé, je rechoppe les pieds et ne suis toujours pas détaché.
L'étau se désserre. Je m'applique comme je peux en tentant de récupérer de la charque lactique du début. Petit a petit, un petit groupe se décroche devant alors que derrière c'est de la file indienne. Pas de trou.
Deuxième bouée. J'ai bien récupéré et m'aperçois que je peux peut être en remettre un ptit coup pour mettre toutes les chances de mon côté pour ne pas rater le bon paquet à vélo. Je repasse 2-3 gars et sors de l'eau sans savoir en quelle position je me trouve. Transition super longue a ne pas trop gérer. Je repasse 1 ou 2 gars. Pour une fois ne cafouille pas sur le casque et ne faiblis pas sous les lactates. Le coach me dit que la tête est a x temps. J'ai rien compris.
Montage sur le vélo. Certains mettent leur chaussures alors qu'ils sont à 20 km/h. Ccomme ils veulent.
Perso c'est déboitage de cuisses pour récupérer les unités dispersés devant moi. Redéboitage d'aorte pour ne pas faiblir et choper les roues devant. Ce que j'arrive à faire à l'approche du premier virage qui donne sur la grande ligne droite. Là je souffle un peu. Je souffle tandis que pendant ce temps là un gars nous ramène tout seul sur 2-3 gars encore devant. Moi je sifflotte dans sa roue :o.
Arrivée au mini u-turn, tout se passe bien, moi qui appréhendait ce passage et la relance, je suis sans soucis. Quelques centaines de mètre plus loin, on récupère la tête de course.
La jonction fait faiblir l'allure et le groupe temporise. J'en profite alors pour passer en tête du groupe (et donc de la course :o) pour relancer le rythme, mais personne ne viens me relayer, je relâche donc mon effort. C'est au même moment que le deuxième peloton nous rejoint. Je me laisse redescendre tranquillou à l'arrière du peloton car je nous trouve très serré à l'avant avec l'arrivée du second groupe et la faible largeur de la route.
Une main se pose alors séchement sur mon épaule gauche et s'appuie dessus. Je lui gueule dessus d'arrêter ça. J'entends la personne répondre un paniqué "Mais c'est pas moi !" 1 seconde et demi plus tard on se retrouve tous les 2 par terre. Je frappe l'épaule droite en premier puis la hanche droite avant de faire des flips flaps tendus carpé groupé. Moi, dont la plus mauvaise note en Staps fut en gym, j'effectuais des figures dont je ne me sentais pas capable.
Je suis sur le bas côté de la route, dans l'herbe. Une rapide analyse laisse entrapercevoir des bosses inhabituelles au niveau de l'épaule droite. Je pense avoir l'épaule luxée. J'entends dans mon dos, les gémissements de l'autre conccurent que je n'ai toujours pas vu et qui se plaint de son coccyx. Ne pouvant pas bouger, je lui demande de virer nos 2 vélos enchevêtrés qui se trouvent encore au milieu de la route tandis que les autres conccurents continuent de circuler. La voiture balai arrive et va chercher l'ambulance. Le doc ne remet pas en cause mon diagnostic de luxation mais rajoute le sien, à savoir la fracture de la clavicule.
Nous sommes ensuite rapatrié dans l'ambulance où mon collègue de chute raconte qu'un gros enculé (ça c'est moi qui le rajoute) l'a poussé délibérement. Arrivé sur le site de la course, les pompiers viendront me chercher pour une soirée comme on les aime, aux urgences. Durant le voyage j'ai les mega boules qui tue. Le truc qui fout la rage. Encore je tombe tout seul, bon admettons, j'aurais préféré. Que quelqu'un chute et provoque la mienne, admettons. J'aurais préferé. Mais qu'un gros enculé de batard fasse ça déliberement, j'ai un peu de mal à l'avaler.
Après 2007 où je me tords le genou sur une racine en courant et me déchire le muscle poplité m'arrêtant 2 mois en février et mars. Puis en juillet 2007 je me chope cette pubalgie de merde qui mal diagnostiquée (pour ne pas dire "pas diagnostiquée") au début, m'empêchera de courir et de m'entraîner correctement dans les autres disciplines. Elle mettra 2 ans avant que je n'espère reprendre sérieusement. Je reprends enfin il y a à peine 2 mois, me prépare à l'arrache pour être prêt sur la course et il y a cette raclure de chiotte qui me fout tout par terre.
Heureusement j'ai un peu eu le droit aux sirènes pour passer les feux rouges. Bref...
J'arrive aux urgences. Dans mon malheur j'ai de la chance, il n'y a pas grand monde et l'équipe est sympa.
Résultat, pas de luxation mais fracture de la clavicule sans compter le cadeau surprise caché sous la trifonction qu'on m'avait prêté, 10 cm de plaie sur la hanche droite qui me vaudront 18 points de suture.
Plus tard mes coéquipiers viendront me chercher avec le matos de torture qui va bien, les anneaux claviculaire.On m'avait prédit la grande souffrance lors de leur installation. Bah finalement non. C'est durant le retour dans le minibus que j'ai morflé sévère. Plus de circulation sanguine dans les bras, les muscles qui se tétanisent. Un voyage qui a duré longtemps.
Pis, l'équipe ne se qualifie pas pour la finale. Nous finissons 13ème pour 10 places qualificatives et à seulement 10 points de la qualif. La loose. Si Fab n'avait pas mangé toute cette mayonnaise, cette bière, ces 3 petits dèj... (o;
Bref, c'est une saison 2008-2009 rondement menée qui s'achève pour moi. 2 mois de simili entraînement, un tiers de sprint et voilà. Saison qui marquera également mon premier abandon en course. Ca ça fait mal. C'était la seule fierté triathlétique que j'avais.
Je vais donc devoir supporter mes anneaux jusqu'a fin août, date où le chirurgien jugera de la qualité de la soudure osseuse, en espérant éviter l'opération pour repartir au plus vite pour 2010 où, à part si un arbre me tombe sur la gueule ou qu'une crevasse s'ouvre sous mes pieds, je devrais avoir assez d'expérience pour éviter pas mal d'emmerdes.
Pour finir, merci à mes coéquipiers du jour et au coach pour l'assistanat. Merci à Mme Bouboute pour le mois et demi qu'elle va endurer aàme supporter (dans tous les sens du terme). D'ailleurs ça me fait penser que ça fait un moment qu'elle est partie acheter des cigarettes...
A+




(Une partie de la green team)
